Espaces Sensibles | 2005


Photos :  Erik Lasalle

ESPACE SENSIBLE
2005

Performance musique et chorégraphie interactive

 

Chorégraphie interactive : Laurence Marthouret

Composition musicale interactive : Anne Sedes

Interprète danse : Marie Barbottin, Carole Lahille, Véronique Laugier

Interprète percussion : Miguel Bernat

Scénographie: Laurence Bertin et Michel Pagès

Assistant lumière et vidéo : Baptiste Tavernier

Le lieu, la lumière, la musique, le corps humain, tout est en interaction constante dans l’univers particulier de l’installation/performance « Espaces Sensibles ». Le corps des interprètes se trouve dans un espace qui a la capacité du feedback constant, par le signal sonore ou visuel. Il s’établit ainsi un réseau de multiples sujets dont chacun est un porteur potentiel du rôle central. Nous sommes transportés dans l’univers du sensible, dans un espace où le visuel se confond avec le tactile, ou la projection vidéo transgresse le rôle traditionnel de la toile de fond. D’une part, nous pouvons suivre le geste sous plusieurs angles en multipliant ainsi le champ perceptif et, d’autre part, une « visualisation subjective » donne un caractère particulier à ce jeu d’interaction. C’est le corps du danseur qui engendre l’image et rend ainsi visible son propre écho. L’environnement visuel devient une réponse à la dynamique du mouvement, un élément sensoriel qui a la capacité de la réaction immédiate. L’expérience visuelle a-t-elle une chair ? Ce sens, qui occupe une place privilégiée dans notre culture peut-il être redéfini, peut-on redécouvrir le caractère de notre perception ?

 

La scène comme sujet, scène intelligente, scène qui n’en est plus une dans le sens traditionnel du mot, devient un environnement complexe qui entretient une complicité particulière avec le corps humain. C’est un environnement technologique, entièrement fabriqué, mais qui répond à son tour, qui est actif dans le processus relationnel. Cette capacité de la réponse instantanée dont l’entourage dispose désormais incite le corps humain à réagir et à se redéfinir. Comment la corporéité humaine fonctionne-t-elle dans cet espace, comment s’y inscrit-elle ?

 

Dans la mise en scène épurée d’«Espaces Sensibles», en absence de charge symbolique explicite, c’est tout en finesse que ressort et devient lisible la médiance entre le corps de la danse et le lieu. Un corps disponible, avec sa posture fragile, constamment à l’écoute et toujours prêt à changer de forme, de direction, de dynamique.

 

C’est un corps qui fait apparaître son histoire mais qui évolue sous nos yeux, qui construit son environnement et qui se fait construire en retour.

 

Ce que partagent avec nous Marthouret et Sedes, c’est la création de plusieurs systèmes ouverts qui s’entrelacent pour construire de nouvelles entités et pour repousser des frontières. Elles jouent avec des corporéités : humaines, sonores, spatiales, et nous proposent une expérience sensorielle unique.

Bojana Bauer

 

Note d’intention

Dans la continuité des créations artistiques antérieures : Propositions 2, La Terre ne se meut pas, Pavillon sonore1, Anne Sedes et Laurence Marthouret développent et étendent leur domaine de recherche à une proposition qui se situerait entre l’installation audiovisuelle interactive, la scène chorégraphique standard et le concert électroacoustique et mixte.

 

Visualiser le son par le geste dansé autant que par la vidéo interactive, rendre sensible au niveau sonore et visuel le geste dansé, le croisé avec l’énergie du son percussif acoustique pour générer des articulations intriquant chorégraphie, création numérique musicale et visuelle afin de faire émerger un contexte artistique multidisciplinaire.

 

L’écriture de l’œuvre dans ses dimensions chorégraphiques, musicales et scénographiques serait directement issue de l’exploitation du potentiel opératoire, sensible du dispositif audio visuel interactif mis en jeu.

 

L’objectif d’Espaces Sensibles est d’affiner toujours plus la perception et le contrôle du sonore par le danseur, d’être dans un  tout entre la conscience du mouvement et l’élément sonore. Pour l’écriture chorégraphique il s’agira d’élaborer un ou plusieurs processus de composition permettant de garder l’hypersensibilité, réactivité et créativité de l’interprète dans une partition au préalablement écrite. Celle-ci, d’une précision absolue, pour le compositeur comme pour le chorégraphe, se trouve néanmoins mise en situation d’ouverture et d’interactivité par l’installation qui implique, de la part des intervenants, une écoute extrêmement fine des évènements qu’ils génèrent ou transforment constamment.

 

Production : /TranS/

 

Partenaires et co-producteurs : Centre de création numérique- Le Cube, ART 3000  (Issy les Moulineaux), La Scène Quai Est (Ivry sur seine), Centre National de la cinématographie, aide à la maquette du Dicream, L’ADAMI, Maison des Sciences de l’Homme Paris Nord, CICM Université Paris 8 (Centre de Recherche en Informatique et Création Musicale).