Meltem | 2015

MELTEM

2014-2015

 

Pièce pour une danseuse, une chanteuse dans un dispositif numérique immersif visuel et musical interactif.

 

Créée le 6 mai 2015 au Klap pour le "Festival Les Musiques" du GMEM à Marseille, Résidence et représentation à l’Auditorium de Pigna -Centre Culturel Voce - Casa Musicale -                            

29 et 30 mai 2015 Représentation pour le Festival Manca le 17 novembre 2015

 

Conception, chorégraphie et vidéo :   Laurence Marthouret       

Création musicale : Patrick Marcland

 

Interprétation danse : Arabella Scalisi

Interprétation chant : Elodie Tisserand

 

Réalisateur informatique musicale et ingénieur du son : Camille Giuglaris (CIRM)

Scénographie: Douce Hollebecq et Tony Barthelemy

Costumes : Aurélia Wolf                  

Montage vidéo : Sarra Mamlouk Sanchez

Création lumière : Tony Barthelemy

Régie : Eugénie Marcland

 

 

Production :  Cie/TranS/

16 rue de Roquebillière 06300 Nice

tel:+33 (0) 6 17 45 21 11

trans.asso@free.fr

 

Co-production :

Le CIRM-Centre National de Création Musicale (Nice).

Avec le soutien du Conseil artistique à la création de la Région «Provence Alpes Côte d'Azur", du DICRéAM (CNC) la ville de Nice et de la SPEDIDAM.

 

Résidences : GMEM/KLAP à Marseille, Centre Culturel Voce -La Casa Musicale (Pigna-Corse).

Accueil studio : CIRM, Théâtre National de Nice CDN Nice,  l’Institut d’Etudes Supérieures en Danse Off Jazz, L’Entre-Pont (Nice), CNRR Ville de Nice.

 

Note d’intention

Meltem est le dernier d’un cycle de cinq solos : No Step, Trans, Walk, Monade, et Meltem. Chacun de ces solos aborde un état de corps singulier, une gestion de l’espace particulière, un rapport au temps défini, une contrainte propre. Dans ce processus, chaque solo s’est enrichi des recherches effectuées pour le solo précédent. Meltem va clore le cycle et fonctionne en binôme avec Monade, les deux pièces pouvant être données au cours d’une même représentation.

Meltem, vent des Cyclades , vent de tous les possibles, du meilleur comme du pire... vent de la transformation, vent qui donne le sens de l’espace du dessus, vent qui rend l’homme humble face aux éléments, vent qui a permis à Ulysse de faire son voyage en le détournant d’Ithaque...

Meltem va développer un axe de recherche sur la perception à travers la danse, la musique et l’image.

Un système d’immersion sonore du public est mis en place. La proximité du public avec les interprètes le mettra dans un état réceptif et perceptif particulier.

 

La danse

Presque sans toucher terre, toute en déplacements constants, sera dans une recherche d’allègement du corps, sans effort musculaire, dans un état de plénitude, de légèreté, dans une forme d’a-pesanteur, comme un envol...Devenir air.

C’est une recherche sur les différentes perceptions de la présence, sur l’éthéré, sur le mouvement dansé en relation étroite avec l’univers sonore et visuel. Une recherche d’écriture commune entre la danse, la musique et l’image.

Le corps support de projection va se démultiplier. Cette démultiplication-dématérialisation trouvera un écho dans la démultiplication-transformation de la voix de la chanteuse et sa diffusion spatialisée.

 

La musique

La voix de la chanteuse, transformée électroniquement en temps réel, va donner corps à cette idée de «vent» de souffle, d’ouragan. La danse va venir dialoguer avec le souffle, dans un duo presque immatériel, puisque la danse veut devenir air et le chant, transformé en temps réel par le mouvement, prendra une dimension onirique.

Le souffle humain est mis en relation avec le souffle de l’espace, le souffle maîtrisé, contrôlé, dompté en parallèle avec le souffle sauvage des éléments. La chanteuse va dialoguer avec elle-même, comme avec une voix intérieure ou un double.

Cet environnement va nourrir l’interprétation de la danse, le corps va s’imprégner de cette idée de souffle, il va jouer avec la matière sonore et la transformer.

Le passé se mélange au présent et la transformation en temps réel de la voix lui donne encore une autre dimension. Où sommes nous? dans quel temps ? dans quel lieu ?

Le lieu du souvenir ? le lieu réinventé par la mémoire ? Un lieu rêvé fait de connu et d’imaginaire, amalgame de toutes les sensations accumulées au cours d’une vie qui nous amène à une perception plus subtile de ce qui nous entoure.

Les interprètes vont traverser toutes ces étapes et nous les faire vivre.

La chanteuse va être ce vent, ce souffle qui nous donnera aucun répit, venant tout bouleverser pour qu’un autre équilibre puisse voir le jour.

La danseuse va être cette matière, transformée, bouleversée, à la fois être, corps, minéral, végétal, eau, air... , matière de toutes nos mémoires et nos devenirs.

Les moyens techniques requis pour transformer la voix et la diffuser tout autour du public sont essentiellement de deux ordres :

-Les transformations en temps réel du timbre de la voix, effectuées par les interprètes à l’aide des capteurs (Leap-motion).

-Les outils numériques mis en œuvre pour ces transformations et contrôlés par les capteurs sont divers (Audiosculpt, Peaks, GRMTools, SuperVP, etc…) et visent à modifier en cours d’exécution la voix de la chanteuse et la transfigurer, soit par l’exploration de registres et de diffraction inhabituels, soit pour lui donner l’aspect d’une voix irréelle, lointaine ou au contraire très proche, pure ou bruiteuse, devenant le simple souffle du vent.

-La diffusion spatialisée dont les trajectoires sont également contrôlées et modifiées par les interprètes au cours de la représentation, à l’aide des capteurs également. La multiplication de la voix, parfois en un vaste ensemble vocal aux registres étendus, pour créer une véritable immersion du public au sein d’un monde sonore et visuel.

 

L’Image 

L’image de base a été captée en milieu naturel, dans différentes îles et lieux où la présence du vent influe sur l’humain comme sur le végétal et le minéral. Notamment à Tinos, île des Cyclades, où souffle le Meltem.

Une image de paysage-matière, rendue parfois abstraite par le montage et le traitement, les personnages (doubles) devenant interactifs avec les interprètes. Les protagonistes vont jouer, s’intégrer à l’environnement, comme si elles voyageaient à l’intérieur d’un monde virtuel.

 

L’image va nous renvoyer à l’aspect éthéré, aérien presque fantomatique de la danseuse. Projetée sur les corps elle agit à la fois comme une scénographie, elle redéfinit sans cesse l’espace du «jeu» et du «je» en absorbant le corps jusqu’à le faire disparaître ou bien en le mettant en relief comme un décor mobile et changeant en permanence.

 

Le rapport du corps dans cet environnement visuel est semblable à une immersion dans un élément -eau, air, terre- redéfinissant son propre espace à chaque instant, rien n’étant figé, le tout impalpable comme le vent mais procurant des sensations physiques fortes, mettant les sens en éveil, réveillant l’instinct, la capacité de l’être à s’adapter aux métamorphoses de son environnement. L’image devient ainsi un partenaire de jeu.